Savoir sur l’eau
Eau de source ou eau minérale? La différence est définie par la loi
L’eau de source évoque une nature préservée. Pourtant, ce qui peut figurer sur une bouteille ne relève pas du marketing, mais du droit alimentaire. Qu’une eau soit vendue comme eau minérale naturelle ou comme eau de source dépend d’exigences précises concernant l’origine, la pureté, l’embouteillage et la minéralisation. Qui connaît les deux catégories, et sait en quoi l’eau potable s’en distingue, lit chaque étiquette d’un autre œil.
Mis à jour en août 2026 · 6 min de lecture
L’essentiel
- Eau minérale, eau de source et eau potable sont trois catégories juridiques — non des niveaux de qualité.
- L’eau minérale naturelle doit être d’une pureté originelle, de composition constante et embouteillée à la source.
- Les traitements sont strictement limités : la désinfection et le traitement chimique ne sont pas autorisés.
Pourquoi la dénomination de l’eau de source est-elle réglementée par la loi?
L’eau en bouteille est une denrée alimentaire, et un principe simple s’applique en Suisse aux denrées alimentaires: qui achète un produit doit pouvoir se fier à sa dénomination. Le droit alimentaire définit donc précisément les exigences qu’une eau doit remplir pour être vendue comme «eau minérale naturelle» ou comme «eau de source». Ces dénominations sont protégées: une eau ne peut les porter que si elle remplit de manière avérée les critères correspondants.
La catégorie révèle ainsi d’un coup d’œil aux consommatrices et aux consommateurs d’où provient une eau, comment elle peut être traitée et à quel point sa composition est fiable. Pour l’eau minérale et l’eau de source, les prescriptions suisses sont en outre étroitement harmonisées avec les règles de l’UE: de part et d’autre de la frontière, ces deux catégories signifient pour l’essentiel la même chose.
Le droit suisse connaît ainsi deux catégories protégées pour l’eau embouteillée: l’eau minérale naturelle, soumise aux exigences les plus strictes, et l’eau de source, échelon intermédiaire moins strictement réglementé. À côté d’elles, l’eau potable obéit à ses propres règles. Les sections suivantes montrent ce qui se cache derrière chaque catégorie et comment les distinguer dans les rayons.
Qu’est-ce qui caractérise une eau minérale naturelle?
L’eau minérale naturelle est la catégorie la plus strictement réglementée. Quatre caractéristiques sont déterminantes. Premièrement, l’eau doit provenir d’une nappe souterraine protégée de toute contamination. Deuxièmement, elle doit être d’une pureté originelle: pas de désinfection, et un traitement seulement dans des limites étroites, par exemple pour extraire le fer ou ajouter du gaz carbonique. Troisièmement, elle doit être embouteillée directement à la source; un transport en citernes n’est pas admis. Et quatrièmement, sa minéralisation doit être caractéristique et constante: la teneur en minéraux comme le calcium, le magnésium ou le sulfate ne peut varier que dans le cadre des fluctuations naturelles.
Cette constance atteste qu’une eau emprunte le même chemin souterrain sur une longue période et traverse toujours les mêmes couches rocheuses. L’analyse minérale figurant sur l’étiquette est donc la carte d’identité contraignante de la source. Notre article sur l’eau calcaire montre à quel point la minéralisation des eaux peut varier. Le contrôle cantonal des denrées alimentaires vérifie régulièrement le respect de ces exigences.
Qu’est-ce que l’eau de source, et où réside la différence?
L’eau de source provient elle aussi d’une nappe souterraine et est embouteillée à la source. À première vue, la différence avec l’eau minérale semble donc minime. Sur le plan juridique, elle est pourtant nette: par sa composition, l’eau de source doit satisfaire aux exigences qui s’appliquent également à l’eau potable. Une preuve de pureté originelle n’est pas exigée sous la même forme. Le point central: une minéralisation constante et caractéristique n’est pas requise.
La composition d’une eau de source peut donc fluctuer davantage, et elle ne doit d’ailleurs pas figurer sur l’étiquette: le droit suisse interdit, pour l’eau de source, toute indication sur la composition et toute présentation prêtant à confusion avec une eau minérale naturelle. L’eau de source se situe ainsi juridiquement entre l’eau potable et l’eau minérale naturelle: un produit naturel d’origine souterraine, sans les preuves strictes de constance et de pureté de la catégorie supérieure. En pratique, celles et ceux qui tiennent à une minéralisation constante et documentée ne la trouveront garantie que dans l’eau minérale naturelle.
Qu’en est-il de l’eau potable, et qu’est-ce au juste que l’eau de table?
L’eau potable est l’eau du robinet. En Suisse, elle est strictement contrôlée et provient, selon la région, de la nappe phréatique, de captages de sources ou de l’eau des lacs. Contrairement à l’eau minérale et à l’eau de source, elle peut être traitée, transportée et mélangée à partir de différentes provenances. Son critère juridique est la sécurité au robinet; l’origine d’un gisement unique n’entre pas en ligne de compte.
Et l’eau de table? Le droit suisse ne connaît pas cette catégorie. Le terme provient du droit alimentaire allemand, où il désigne un produit fabriqué: une eau qui peut être mélangée à partir de différents types d’eau et additionnée de sels minéraux ou de gaz carbonique, sans lien avec une source précise ni indication de provenance. Si vous rencontrez une «eau de table» dans les rayons, il s’agit en règle générale d’une bouteille importée. Une eau embouteillée en Suisse qui a été mélangée ou traitée est simplement considérée, juridiquement, comme de l’eau potable.
La catégorie ne dit rien de la qualité: toutes les eaux vendues en Suisse doivent être sûres et irréprochables. La dénomination renseigne sur l’origine, le traitement et la constance. Quelle eau vous convient reste une question de goût et de minéralisation.
Comment reconnaître la catégorie sur l’étiquette?
Un coup d’œil sur l’étiquette suffit pour classer une eau avec certitude. Prêtez attention aux caractéristiques suivantes:
- «Eau minérale naturelle»: la dénomination protégée doit figurer en toutes lettres sur l’étiquette, avec le nom de la source et le lieu d’embouteillage. S’y ajoute un tableau des valeurs minérales caractéristiques.
- «Eau de source»: cette dénomination est elle aussi contraignante. Le lieu de la source est indiqué, mais les indications sur la composition ne sont pas autorisées sur les étiquettes suisses d’eau de source. Une bouteille sans tableau des minéraux est donc un signe clair d’eau de source.
- «Eau de table»: une dénomination issue du droit allemand, que vous pouvez rencontrer sur des bouteilles importées. Elle désigne un produit fabriqué sans origine de source protégée et ne porte aucune indication de source; les sels minéraux ou le gaz carbonique ajoutés apparaissent dans la déclaration.
- Mentions de traitement: des indications comme «gazéifiée», «dégazéifiée» ou «déferrisée» montrent lesquels des rares procédés autorisés ont été appliqués.
Qu’une eau soit plate ou gazeuse ne dit d’ailleurs rien sur sa catégorie: toutes les catégories existent avec et sans gaz carbonique. Vous en apprendrez davantage dans notre article sur l’eau plate.
La source Castels: la minéralisation constante en pratique
La source Castels, à Mels, montre concrètement ce que signifient les exigences posées à une eau minérale naturelle. Sa zone d’infiltration se situe à plus de 2’000 m d’altitude dans la région du Sardona, près du Haut lieu tectonique suisse Sardona, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’eau filtre pendant environ 12 ans à travers des couches de roche et de pierre avant d’être captée et embouteillée à la source. Le résultat est une composition constante: 87 mg de calcium, 35 mg de magnésium, 265 mg de sulfate et 133 mg d’hydrogénocarbonate par litre, avec seulement 4 mg de sodium et une minéralisation totale de 540 mg. L’eau est naturellement alcaline, avec un pH de 8,0. C’est précisément cette fiabilité qui distingue une eau minérale naturelle d’une eau de source. Vous trouverez plus d’informations sur l’origine et l’analyse complète sur la page notre eau.
Le chemin de l’eau
Infiltration des précipitations
plus de 2’000 m d’altitude
Filtration dans la roche
environ 12 ans
Source Castels, Mels
pH 8,0
Questions fréquentes
L’eau de source est-elle moins bonne que l’eau minérale?
Non. Les catégories décrivent des exigences juridiques différentes. L’eau de source doit respecter les mêmes valeurs limites que l’eau potable et provient elle aussi d’une nappe souterraine. La différence tient surtout au fait que l’eau minérale naturelle doit en plus prouver sa pureté originelle et une minéralisation constante et caractéristique. Les deux sont des denrées alimentaires sûres; le choix reste au fond une question de goût et de teneur en minéraux.
L’eau minérale naturelle peut-elle être traitée?
Seulement dans des limites très étroites. Sont autorisées, par exemple, l’extraction du fer, du manganèse ou des composés soufrés, ainsi que l’adjonction ou l’extraction de gaz carbonique. Une désinfection ou un traitement chimique n’est pas admis: l’eau doit déjà être si pure dans le sous-sol qu’elle peut être embouteillée sans de tels procédés. Des mentions comme «déferrisée» ou «gazéifiée» rendent visibles sur l’étiquette les traitements autorisés.
Que signifie exactement «embouteillée à la source»?
L’eau minérale naturelle et l’eau de source ne peuvent pas être transportées en citernes pour être embouteillées ailleurs. L’embouteillage doit avoir lieu directement à la source, dans des systèmes fermés qui protègent l’eau de toute contamination. Le lien entre l’eau et son lieu d’origine est ainsi préservé: ce qui se trouve dans la bouteille correspond à ce que la source fournit, sans étapes intermédiaires liées au transport.
L’eau du robinet suisse est-elle aussi de l’eau de source?
Pas sur le plan juridique. L’eau du robinet est considérée comme de l’eau potable, même lorsque, comme en de nombreux endroits de Suisse, elle provient en grande partie d’eau de source et d’eau souterraine. La dénomination «eau de source» est réservée aux eaux embouteillées qui proviennent d’une nappe souterraine et sont embouteillées directement à la source. L’eau du robinet, en revanche, peut être traitée et mélangée à partir de différentes provenances.
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Eau minérale alcaline au pH de 8,0, issue de la source Castels à Mels — filtrée pendant douze ans à travers la roche des Alpes de Sardona.
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